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Chambre d'adolescent avec lit métal, mur gris, sol chêne et rangements avec bureau intégré sur mesure — aménagement intérieur à Usinens (74)

Titre 1

Rénovation de l'étage d'une maison ancienne à Usinens — Haute-Savoie (74)

Ce projet de rénovation d'étage à Usinens, dans le Genevois haut-savoyard, illustre une approche qui part de l'observation et des usages réels plutôt que d'une liste de souhaits. Si vous rénovez une maison ancienne en Haute-Savoie, dans l'Ain ou en Savoie et que vous cherchez un architecte d'intérieur capable de lire votre espace avant même de le transformer, contactez-moi pour en discuter.

Une maison de caractère, un étage qui ne suivait plus

Quand Jean-Michel et Nathalie ont acheté leur maison à Usinens, les enfants étaient petits. La grande bâtisse ancienne sur trois niveaux avait tout pour plaire : le caractère des vieilles pierres rejointoyées à la chaux, les poutres apparentes, les volumes généreux. Au fil des années, ils ont rénové le rez-de-chaussée — décloisonnement, grande baie vitrée, carrelage imitation bois chaleureux — et fait construire une extension pour leur chambre parentale. La maison avait trouvé son souffle.

Mais le premier étage, lui, n'avait jamais vraiment suivi. Avec deux enfants qui grandissent — l'un en terminale, l'autre au collège — ils savaient qu'il fallait rénover, mais ne savaient pas par où commencer. Comment redistribuer les espaces ? Quelles solutions pour des chambres trop petites ? Par où attaquer un chantier qu'ils envisageaient de réaliser en partie eux-mêmes ? Ils m'ont contacté pour pouvoir enfin se projeter — et transformer un projet flou en quelque chose de concret. C'est en visitant la maison et en échangeant avec eux sur leur quotidien que j'ai commencé à comprendre ce qui coinçait vraiment.


Ce que j'ai vu en visitant : un étage qui travaillait contre ses occupants

Jean-Michel et Nathalie ne m'ont pas dit "la circulation est mauvaise" ou "la chambre fait couloir". Ces mots-là ne viennent pas naturellement quand on vit dans un espace depuis des années — on s'y habitue, on contourne, on fait avec.

En montant cet escalier pour la première fois, j'ai vu autre chose. J'ai vu que pour rejoindre leur chambre parentale dans l'extension, il fallait systématiquement traverser la salle de bain — avec les WC dedans. Un détail qui devient vite une contrainte du quotidien, surtout avec des adolescents qui occupent les espaces à des heures différentes. J'ai vu deux chambres d'enfants sans rangement intégré, où les meubles s'entassaient faute de solution pensée. J'ai vu un dressing familial si étroit qu'il ne servait plus vraiment à grand chose. Et j'ai vu une chambre parentale de 19 m² qui, malgré sa surface généreuse, donnait une impression d'espace long et sans repère — ce que les architectes appellent un effet couloir, et que les habitants ressentent sans pouvoir le nommer.

C'est à partir de cette lecture de l'espace — pas seulement de ce qu'on me disait, mais de ce que je voyais et de ce que je comprenais de leur vie — que j'ai construit le projet.


Ma démarche : reconfigurer la distribution, puis construire le projet ensemble

Le premier travail a été structurel. À partir de ce que j'avais observé lors de la visite, j'ai élaboré plusieurs scénarios de zoning pour redistribuer l'étage — trois configurations différentes, chacune avec ses avantages et ses contraintes, présentées à Jean-Michel et Nathalie pour qu'ils puissent réagir, comparer, se projeter. C'est ensemble qu'on a arrêté la proposition retenue : WC indépendants, salle d'eau agrandie en récupérant l'ancienne buanderie, grand dressing familial intégré dans le hall, chambre parentale enfin accessible sans traverser les espaces humides.

Mais la co-construction ne s'est pas arrêtée au zoning. À chaque étape suivante — choix des matières, des couleurs, des ambiances par pièce — on s'est réunis pour avancer ensemble. Je proposais des orientations, on échangeait, on ajustait. C'est comme ça que le papier peint panoramique montagne dans le couloir est arrivé dans le projet, que le vert profond de la chambre parentale a été choisi, que chaque chambre d'enfant a trouvé sa propre identité. Rien n'a été imposé — tout a été construit en commun, réunion après réunion.

Pour les chambres des enfants, j'ai proposé d'anticiper plutôt que de bricoler pour aujourd'hui. Un adolescent en terminale sera étudiant dans un an. Concevoir une chambre d'enfant n'avait aucun sens. On a donc travaillé sur des lits en taille adulte, des rangements sur toute la hauteur disponible, un bureau intégré dans le linéaire — des espaces complets, autonomes, qui fonctionneront aussi bien dans dix ans.


Les choix esthétiques : bois clair, lambris blanc, et la montagne qui s'invite dans le couloir

L'enjeu esthétique était clair : des hauteurs sous plafond modestes, des volumes contraints — tout devait travailler dans le sens de la lumière et de l'espace perçu.

La palette retenue s'appuie sur des blancs cassés, des beiges, du bois clair et du gris minéral. Le sol vinyle effet parquet chêne court sur l'ensemble du niveau pour assurer une continuité visuelle. Le plafond en lambris blanc, présent dans toutes les pièces, renforce la sensation de légèreté malgré les contraintes de hauteur.

Chaque chambre a sa propre signature. Naomie hérite d'un univers doux et organique : lavande clair en mur de tête, rotin, textiles naturels. Matthieu est dans un registre plus affirmé : anthracite, vert kaki velours, luminaire graphique en métal noir. Deux espaces distincts, deux personnalités, une même logique constructive.

Dans le couloir, un grand placard coulissant est habillé d'un papier peint panoramique montagne en noir et blanc — le territoire dans lequel cette maison est ancrée s'invite discrètement à l'étage, sans folklore. Un miroir organique en bois aux contours arrondis complète l'ensemble.

La salle d'eau, compacte mais entièrement repensée, joue sur le contraste bois chêne et carrelage kit-kat vert sauge posé en vertical — une texture fine et graphique qui apporte du relief sans alourdir les 3,9 m² disponibles.

La chambre parentale, enfin, est organisée autour d'une séparation centrale lisible dès l'entrée : espace nuit côté fenêtre, espace bureau-bibliothèque côté hall. Les modules de rangement sont habillés de plaques de médium peintes en vert profond, une tête de lit dans le même ton assure la cohérence. Les murs en pierre apparente, conservés, ancrent la pièce dans son histoire.


Un projet pensé pour durer, conçu avant que les travaux commencent

Ce qui rend cette mission particulière, c'est qu'elle a été réalisée entièrement en amont du chantier — et qu'une partie des travaux sera réalisée par Jean-Michel et Nathalie eux-mêmes. Le dossier complet qu'ils ont entre les mains — plans cotés, coupes, rendus réalistes par pièce, planches d'ambiance — leur donne précisément cette capacité : consulter les artisans avec des documents clairs pour les postes techniques, et intervenir eux-mêmes en toute confiance sur les finitions et la pose. Quand un projet est bien documenté, il devient transmissible. C'est l'un des apports concrets d'une mission d'architecture d'intérieur conduite sérieusement en amont.

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