top of page
Pièce de vie avec cuisine façades chêne et plan de travail marbré blanc, îlot central avec plaque aspirante, chaises terracotta et sol travertin — rénovation intérieure à Rumilly (74)

Titre 1

Rénovation d'une maison familiale à Rumilly — Haute-Savoie (74)

Ce projet de rénovation de maison près de Rumilly, en Haute-Savoie, illustre l'importance d'un fil conducteur esthétique et d'une co-construction rigoureuse pour transformer une maison avec du potentiel en un espace vraiment habité. Si vous rénovez en Savoie, en Haute-Savoie ou dans l'Ain et que vous cherchez un architecte d'intérieur capable de lire votre vie avant de dessiner votre intérieur, contactez-moi pour en discuter.

Quitter l'appartement trop petit pour une maison à réinventer

Perrine et Joris ont la quarantaine, deux filles en CE1 et CM2, et une vie bien remplie — sport, musique, amis, famille. Pendant des années, ils ont vécu dans un appartement devenu trop étroit : une seule chambre pour les deux filles, impossible de recevoir correctement, pas d'espace pour respirer. Quand la maison d'une personne âgée s'est libérée à Rumilly, ils ont sauté le pas.

La maison avait du potentiel — des volumes généreux, de la lumière, un jardin. Mais elle portait aussi les traces de son passé : des espaces cloisonnés, des finitions datées, une salle d'eau inadaptée, une pièce de vie sans organisation claire. Tout était à moderniser, à rythmer, à rendre à la hauteur de cette famille qui bouge et qui reçoit.

C'est dans ce contexte qu'ils m'ont contacté pour m'occuper de la salle d'eau, du couloir, des WC, et de la pièce de vie — le cœur de la maison.


Ce que j'ai vu en arrivant : une maison généreuse mais sans fil conducteur

En visitant la maison pour la première fois, j'ai immédiatement perçu le décalage entre le potentiel des volumes et ce qu'ils offraient à vivre. La salle d'eau avait été aménagée pour une personne à mobilité réduite — utile à l'époque, totalement inadaptée pour une famille de quatre. Le couloir n'avait aucune identité, aucun rangement. Et la pièce de vie, malgré ses 41,5 m², n'était pas organisée : on entrait sans vraiment savoir où l'on était, les zones se superposaient sans logique, et rien ne traduisait la personnalité de ceux qui allaient y vivre.

Perrine et Joris ne m'ont pas formulé tout ça en ces termes. Ce qu'ils savaient, c'est qu'ils voulaient une maison à leur image — chaleureuse, conviviale, capable d'accueillir des amis autour d'un repas et de laisser les filles jouer du piano dans le même espace. C'est en écoutant leur vie que j'ai compris comment organiser la leur.


Ma démarche : une palette commune, des espaces co-construits

Dès les premières réunions de travail, une chose est apparue clairement : pour que cette maison tienne ensemble, il lui fallait un fil conducteur chromatique. J'ai proposé une palette articulée autour du terracotta et du vert sauge — deux couleurs chaudes, complémentaires, suffisamment affirmées pour donner du caractère sans jamais écraser les espaces blancs et bois qui les entourent. Perrine et Joris ont immédiatement adhéré. Cette palette est devenue la signature du projet, présente dans chaque pièce sous des formes différentes.

Pour chaque espace, j'ai soumis plusieurs configurations, on a échangé, comparé, ajusté. Les choix de matières, de mobilier, de circulation — tout s'est construit ensemble au fil des réunions, jusqu'à ce que chaque décision soit vraiment la leur.


La salle d'eau : travertin, terracotta et douche à l'italienne

La salle d'eau a été la première phase du chantier, terminée à l'été 2024. Tout a été repris de zéro — équipements, sol, murs, plomberie, électricité.

En visitant, j'avais immédiatement compris le problème sans qu'on me le dise : la salle d'eau avait été aménagée pour une personne à mobilité réduite. Une douche très large pensée pour un fauteuil roulant, un évier PMR sans rangement possible en dessous. Fonctionnel pour un usage spécifique, totalement inadapté pour une famille de quatre avec deux enfants. Pas un centimètre de rangement, pas de double vasque, pas d'espace pour coexister le matin.

Le parti pris a été de tout reprendre. Le carrelage effet travertin beige court sur le sol et les murs de la douche, posé en grand format pour agrandir visuellement les 4,65 m². La douche à l'italienne avec paroi vitrée pleine hauteur occupe toute la largeur disponible — généreuse, lumineuse, conçue cette fois pour une famille. Face à elle, le meuble double vasque terracotta à six tiroirs installe d'emblée la couleur du projet et offre enfin le rangement qui manquait. Le miroir LED rétroéclairé diffuse une lumière douce et enveloppante, le sèche-serviette blanc complète l'ensemble avec sobriété.


L'entrée : le claustra comme geste fondateur

L'entrée était l'espace charnière du projet. Elle ouvrait directement sur la pièce de vie sans aucune transition — et surtout, elle n'offrait aucun endroit où poser quoi que ce soit. Pas de rangement pour les manteaux, les chaussures, les sacs de sport de deux enfants actives. Deux niches existaient dans les murs, mais elles étaient ouvertes, exposées, et accumulaient le désordre visible depuis toute la pièce.

La réponse a été double. D'un côté, les deux niches ont été fermées par des portes pliantes — une solution simple et efficace qui a suffi à faire disparaître le capharnaüm et à donner à l'entrée sa première respiration. De l'autre, un meuble d'entrée sur mesure articulé autour d'un claustra en chêne massif a été conçu pour créer enfin une vraie zone de dépose. Ce claustra structure l'espace sans le fermer — il filtre la vue sur la pièce de vie, laisse passer la lumière, et crée ce seuil entre l'extérieur et l'intérieur. En dessous, une banquette bois avec rangements ouverts pour les chaussures. Le mur d'appui est peint en terracotta — le même rouge brique qui habille le meuble vasque de la salle d'eau. Dernier détail soigné : un paillasson encastré directement dans le carrelage, au seuil de la porte — rien ne dépasse, tout est intégré.


La pièce de vie : organiser sans cloisonner

La pièce de vie de 41,5 m² devait tout faire à la fois : accueillir une cuisine ouverte, un coin repas pour recevoir, un salon, un espace lecture, et le coin piano des filles. Le défi n'était pas de multiplier les cloisons mais de donner à chaque zone une identité lisible sans fragmenter le volume.

Le zoning a été travaillé minutieusement en plusieurs propositions avant d'être arrêté. L'îlot central est le pivot de l'espace — en bois chêne avec façades vert sauge, il structure la cuisine ouverte tout en servant de bar pour les repas informels. Les suspensions en rotin en grappe au-dessus de l'îlot marquent la transition entre la cuisine et la salle à manger sans aucune cloison. La table en chêne avec ses chaises terracotta installe la chaleur du repas partagé. Dans l'angle, la bibliothèque bois et blanc accueille les livres et les objets. Le coin musique avec le piano trouve naturellement sa place sans gêner les autres usages.

Le carrelage travertin beige grand format court sur toute la surface — le même que dans la salle d'eau — assurant une continuité minérale et lumineuse d'un espace à l'autre.


Le résultat : une maison qui ressemble enfin à ceux qui l'habitent

Aujourd'hui, Perrine et Joris ont une maison qui tient ensemble. Le terracotta et le vert sauge courent d'une pièce à l'autre comme un fil rouge discret — sur le meuble vasque, sur le mur de l'entrée, sur les façades de la cuisine, sur les chaises de la salle à manger. Chaque espace a sa propre identité tout en appartenant au même projet.

Une famille qui aime recevoir a maintenant un espace pour le faire. Les filles ont leur coin piano dans la pièce de vie, sans que ça gêne personne. Et une maison héritée d'une autre époque est devenue, pièce par pièce, la leur.

bottom of page